LE MARIN Fernando Pessoa

« Le vent se lève… c’est d’abord une voix dans le vide… un souffle d’espace à l’intérieur d’un trou, un manque dans le silence de l’air. »

Fernando Pessoa

 

Un texte poétique, un théâtre de la langue, un théâtre à entendre, qui suspend le temps et dissout la conscience.
Ce rituel de veillée, d’accompagnement de la morte établit un pont entre le vivant et le mort, entre le rêve et la réalité et finit par dissoudre la conscience elle-même dans une mise en abyme du rêve et de la réalité.
Nos trois veilleuses rêvent-elles ou sont-elles rêvées par le Marin de leur rêve ?
Un texte dont les trois protagonistes s’effraient de s’entendre parler, d’entendre parler cet autre en elle, ce dédoublement de leur personne les terrorise mais une force inconnue les y attire.
N’est-ce pas le propre de l’acteur, de son jeu et de son je ?

Le Marin, une parole trouée de silence, de suspend, un texte dramatique sans action apparente, sans personnage, non narratif, un théâtre plus de l’ordre du conceptuel, de la métaphysique.
Comment transmettre les strates multiples de ce texte ? Comment parler cette langue ?
Le travail est parti de là. D’une densité de la parole au bord de l’explosion ou de l’implosion.
Nous resterons toujours en deçà de la portée de cette parole, si l’acteur s’en tient au filtre de ses sentiments, de ses émotions : il nous faut changer de locomotive, ce n’est plus le sentiment mais la parole. C’est comme déplacer le centre de la parole et le mettre devant soi et non plus à l’intérieur de soi.
Trop souvent au théâtre, à mon goût, le texte nous arrive avec un agglomérat de personnel, au mauvais sens du terme, qui empêche les sens de nous traverser.

Pour le Marin, nous avons travaillé à la quête de qualités de présence sur le plateau, un jeu actif en creux plutôt qu’un jeu habile et démonstratif.

Diriger, mettre en scène c’est aussi établir un ordre et permettre qu’il soit violé.

 

Blandine Savetier

LE MARIN

de Fernando Pessoa

 

 

Mise en scène
Blandine Savetier

DISTRIBUTION
Avec les élèves de l’Ecole du Théâtre National de Bretagne
Marion Coulon, Flora Diguet, Emeline Frémont
Installation
Blandine Savetier
en collaboration avec
Emmanuelle Ducrocq et Claire Ingrid Cottanceau
Construction
Yann Cholet
PRODUCTION

Théâtre national de Bretagne

CREATION
Maquette
octobre 2005 Scène nationale de Quimper


Création

novembre 2005 Scène Studio Tuchenn dans le cadre du théâtre national de Bretagne hors les murs