L’OREILLE DE Marcel Proust

Il s’agit d’une mise en espace d’un spectacle théâtral et musical autour de textes de Marcel Proust et d’œuvres musicales qui l’ont accompagné dans sa vie. Une maquette du projet a été présentée en public, le 4 juin 2012 à l’Abbaye de Royaumont suite à notre résidence. Le spectacle s’est joué dans le cadre des Journées musicales Marcel Proust du 21 au 23 septembre 2012 dans les salons du Grand Hôtel de Cabourg.

Mise en scène légère, elle me ramène aux sources de la compagnie Longtemps je me suis couché de bonne heure qui doit son nom à la première phrase de La Recherche du temps perdu. C’est aussi le désir de travailler avec deux grands pianistes, sur une œuvre qui m’a constituée. Ce projet a été imaginé et initié par la pianiste Anne-Lise Gastaldi. J’ai dirigé la comédienne Farida Rahouadj sur la partition textes, pour un spectacle qui fait découvrir les liens profonds entre l’œuvre littéraire de Proust et la musique de son époque.

La vie de Marcel Proust, comme le prouvent son œuvre et sa correspondance, est emplie de musique : Proust écouta Pelléas et Mélisande au théâtrophone, il fût à la première du Sacre du printemps de Stravinsky. Il faisait venir le quatuor Poulet en plein milieu de la nuit pour lui jouer du Beethoven. S’il était germanophile (Beethoven et surtout Wagner), Proust avait un faible pour la musique française. De ce point de vue, sa palette musicale était conséquente, de Fauré à Ravel en passant par des compositeurs aujourd’hui méconnus tels qu’Edmond de Polignac ou Léon Delafosse.

Il aimait aussi la musique légère (celle qu’il qualifiait de « mauvaise musique ») et n’hésitait pas à écouter les chansonniers tels Mayol ou Yvette Guilbert.

Dans ce projet de spectacle nous avons le désir de donner à entendre de manière vivante les rapports complexes et variés que Proust, curieux et versatile, entretenait avec la musique.

La force de l’écriture de Proust c’est de nous déconnecter du temps et de nous faire percevoir le monde dans ses différentes dimensions de façon sensitive. Il capture des sensations fugitives qui nous traversent et il arrive à les retranscrire dans une langue. Il est intimiste avec une telle profondeur et justesse de dissection des sensations, en les mettant en liaison les unes avec les autres que cela en devient métaphysique. C’est comme s’il nous donnait à toucher une substance immatérielle qui nous entoure. Son œuvre peut être comparée à une gigantesque symphonie dominée par quelques grands thèmes, l’amour, la jalousie, la mort et surtout le temps, ce temps fuyant et insaisissable dont la quête obstinée dévore et ronge l’écriture.

Blandine Savetier

L’OREILLE DE PROUST

Théâtre musical autour de
La Recherche du temps perdu
de Marcel Proust

 

Mise en scène
Blandine Savetier

DISTRIBUTION
Musiciens
Anne-Lise Gastaldi, David Saudubray
Jeu
Farida Rahouadj
DATE DE CREATION
le 4 juin 2012 à l’Abbaye de Royaumont,
le 21-23 septembre 2012 à Cabourg, Journées Musicales Marcel Proust